Les jeux vidéo de fitness ou "exergames" peuvent améliorer les capacités cognitives des personnes présentant les premiers signes de démence sénile, selon deux nouvelles études. Ce type d'entraînement ludique induit en outre des changements significatifs dans le cerveau des participants.
Une étude datant de 2021 avait déjà démontré que les exergames, des jeux de fitness combinant activité physique et tâches intellectuelles, amélioraient les capacités cognitives et physiques de patients atteints de démence sévère. Il est désormais prouvé qu'ils fonctionnent aussi à stade précoce de la démence, indique lundi l' École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) dans un communiqué.
Des chercheurs de l'EPFZ et à la haute école spécialisée de Suisse orientale ont examiné 40 personnes souffrant de troubles cognitifs légers et âgées en moyenne de 73 ans. Celles-ci se sont entraînées à domicile pendant environ 25 minutes, cinq fois par semaine, pendant douze semaines, assistées d'un écran avec un logiciel de jeu et une plaque de sol avec quatre cases mesurant les pas.
Les participants à l'étude devaient résoudre des tâches prédéfinies à l'écran en effectuant une série de mouvements avec leurs pieds. Ils devaient par exemple mémoriser une liste de courses et décider ensuite, en faisant un pas vers la droite ou vers la gauche, si un produit affiché en faisait partie ou non.
Dans leur première étude, les chercheurs ont montré que les performances cognitives et la capacité de mémorisation des personnes ainsi entraînées s'étaient nettement améliorées. En revanche, l'état des participants du groupe de contrôle qui ont poursuivi leur traitement habituel s'est détérioré, ce qui correspond à l'évolution typique de la maladie.
Dans une deuxième étude, les chercheurs ont voulu savoir si les améliorations cognitives se reflétaient dans le cerveau. À leur grande surprise, certaines structures avaient changé: l'imagerie par résonance magnétique a montré que le volume de l'hippocampe, une région centrale de la mémoire, et du thalamus avait augmenté chez les personnes entraînées. Des effets dans le cortex ont aussi été observés.
Les chercheurs ont pu démontrer que ces changements structurels dans le cerveau étaient en corrélation avec l'amélioration de la mémoire, et des performances cognitives générales. Reste à analyser, selon eux, si un entraînement ludique personnalisé au-delà de trois mois peut effectivement retarder voire empêcher l'apparition d'une démence. Des projets dans ce sens sont déjà prévus.








