Vers une fonction de médecin de référence pour la démence dans les hôpitaux ?

La députée fédérale Nawal Farih (CD&V) a interpellé le ministre de la Santé publique sur la nécessité de créer une fonction de médecin de référence en matière de démence dans les hôpitaux. Elle estime que cette expertise, déjà présente en Flandre dans le secteur des maisons de repos et de soins, devrait également être ancrée de manière structurelle dans les établissements hospitaliers.

« Étant donné que les hôpitaux relèvent de la compétence des autorités fédérales, la question se pose de savoir si des initiatives pourraient être prises à l'échelon fédéral pour créer une fonction similaire de médecin de référence en matière de démence, afin de garantir une expertise en matière de soins liés à la démence dans les hôpitaux également », a déclaré la députée.

Des moyens en plus ?

La question du financement est centrale. « Une possibilité de financement de cette fonction est-elle possible, afin que les hôpitaux disposent de moyens suffisants pour améliorer structurellement les soins liés à la démence ? », a-t-elle demandé.

Le ministre de la Santé publique rappelle que la prévalence de la démence est en hausse et qu’une approche adaptée s’impose. « Au niveau fédéral, nous sommes convaincus que des initiatives supplémentaires sont nécessaires pour répondre aux besoins (souvent complexes) en matière de soins et de soutien des personnes atteintes de démence (précoce), telles que le casemanagement, le soutien ergothérapeutique et psychologique à domicile, avec un soutien suffisant aux aidants proches. La plupart des personnes atteintes de démence (précoce) vivent donc à domicile et, dans une moindre mesure, dans des hôpitaux ou d'autres centres résidentiels. »

Une approche personnalisée

Il cite notamment les projets « protocole 3 », financés par le fédéral, qui misent sur des formes alternatives de soins pour les personnes âgées vivant à domicile. « Ces projets obtiennent de bons résultats, p. ex. une réduction de la charge des aidants proches, une meilleure qualité de vie des personnes âgées vulnérables, une diminution du nombre d'admissions en urgence, etc. L'objectif est de pérenniser ces initiatives et de les intégrer dans un programme interfédéral. Une approche appropriée des personnes atteintes de démence dans les hôpitaux en fait également partie. »

Des médecins spécifiques

En Flandre, les médecins référents en matière de démence ont déjà un rôle spécifique. Ils sont chargés « d'aider leurs confrères à reconnaître précocement les signes de démence, à poser le bon diagnostic (de soins) et à assurer le suivi des besoins de soins complexes et changeants », explique le ministre. Leur mission concerne aussi la collaboration avec les paramédicaux, souvent en contact quotidien avec les patients et leurs proches.

Selon le Centre d'expertise sur la démence de Flandre, une telle approche suppose que l’ensemble des hôpitaux deviennent « adaptés à la démence ». Cela implique « de miser sur les connaissances de base de chaque employé pour interagir avec une personne atteinte de démence et ses proches, et sur l'expertise de certains employés en matière de démence grâce à un système de formation par étapes, une attention accrue portée au dépistage cognitif, au délire et à la malnutrition afin de renforcer l'expertise et la sensibilisation aux soins liés à la démence dans les hôpitaux. Une infrastructure adaptée à la démence peut également être utile. »

Le rôle du neurologue, du généraliste…

Actuellement, l’INAMI finance 12 cliniques de la mémoire qui apportent un soutien aux personnes atteintes de démence et à leurs proches, notamment par la rééducation cognitive, afin de favoriser le maintien à domicile. « Le traitement dans une clinique de la mémoire est prescrit par un neurologue, un gériatre ou un psychiatre, voire par le médecin généraliste du patient. Une étude du Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE) sur un parcours de soins dans le cadre de la démence précoce recommande d'étendre et d'adapter le fonctionnement des cliniques de la mémoire. Cette piste fait actuellement l'objet d'une étude plus approfondie », a conclu le ministre.

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